4 mises à jour d'Anthropic, OpenAI et Google : leur point commun caché
Trois entreprises ont mis à jour leurs agents de codage en même temps. Les directions convergent. Le vrai terrain de bataille n'est pas le modèle, mais la vitesse d'absorption des workflows développeurs.
La semaine dernière, j’ai regardé passer quatre annonces en quarante-huit heures. Anthropic, OpenAI, Google : chacun de leur côté, mais avec la même direction. Et ce qui m’a frappé, c’est moins ce qu’ils ont sorti que ce que ça révèle sur où se joue vraiment la bataille.
Claude Code prend le contrôle à distance
Pendant des mois, la combinaison tmux + Tailscale était le setup officieux de quiconque voulait surveiller un agent depuis son téléphone. Bidouillage, mais ça marchait.
Anthropic a simplement intégré cette logique directement. La commande /remote-control dans le terminal transfère la session active sur mobile. Connexion par QR code, reconnexion automatique même si l’appareil est en veille, filesystem local et serveurs MCP préservés à travers les sessions. Pour l’instant c’est en preview pour les abonnés Max, mais la direction est claire.
Ce n’est pas une feature gadget. C’est la reconnaissance officielle que les développeurs font déjà tourner des agents en tâche de fond et qu’ils veulent les surveiller depuis n’importe où. Anthropic a vu l’usage, et l’a absorbé.
Cowork passe en mode entreprise
Le deuxième mouvement d’Anthropic est plus stratégique, et probablement sous-estimé.
L’extension Cowork (leur outil de collaboration d’équipe pour Claude) s’est enrichie d’une infrastructure de marketplace. Les équipes peuvent maintenant créer leurs propres catalogues internes de plugins, les déployer par groupe, définir des formulaires structurés pour les commandes slash. Dix templates métier inclus, douze nouveaux connecteurs dont Docusign et FactSet, suivi OpenTelemetry intégré.
Le format est le même que le Claude Agent SDK. Ce n’est pas un hasard : ils construisent une surface d’intégration unifiée. La marketplace de plugins, c’est le nouveau terrain de jeu. Pas le modèle lui-même : l’écosystème autour.
Qui contrôle les connecteurs contrôle l’adoption entreprise. C’est le même playbook qu’on a vu avec les app stores mobiles, et maintenant avec Slack ou Notion. Anthropic joue cette carte.
Codex et la Responses API WebSocket : séparés mais complémentaires
OpenAI a sorti deux choses en même temps, et je pense que beaucoup de gens ont raté la synergie.
D’un côté, les sous-agents officiels dans Codex. Les tâches complexes peuvent maintenant être parallélisées proprement, sans bricolage. De l’autre, la Responses API passe en mode WebSocket : plus besoin de reconnecter à chaque appel d’outil, la connexion persiste.
Le résultat concret ? 20 à 40% plus rapide sur des workflows avec plus de vingt appels d’outils enchaînés. Les tests de l’équipe Cline annoncent environ 40% d’amélioration sur du codage multi-fichiers complexe. C’est significatif, pas marginal.
Ce qui est intéressant, c’est que ces deux updates répondent au même problème : la latence accumulée des workflows longs. Les sous-agents parallélisent, WebSocket supprime les reconnaissances inutiles. L’addition des deux change vraiment l’expérience sur les tâches qui durent.
Gemini CLI adopte les Hooks
Google a discrètement sorti la v0.26.0 de Gemini CLI avec une feature que Claude Code avait introduite en septembre dernier : les hooks.
Le principe : donner au développeur le contrôle programmatique de la boucle agent. Vérifications de sécurité avant l’exécution d’un outil, hooks AfterAgent pour implémenter des boucles de supervision style Ralph, configuration sur trois niveaux (projet, utilisateur, système) avec priorité claire.
C’est du rattrapage par rapport à Claude Code, mais c’est aussi une validation. Quand Google intègre une feature qu’Anthropic a introduite il y a cinq mois, ça confirme que la feature était juste. Les hooks sont devenus une attente de base pour les outils d’agents sérieux.
Ce que ces quatre updates ont en commun
J’aurais pu présenter ça comme quatre entreprises qui innovent en parallèle. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel.
Regardez ce que chaque update fait réellement :
- Le remote control absorbe le workflow tmux + Tailscale que les devs avaient déjà
- La marketplace Cowork absorbe la façon dont les équipes gèrent déjà leurs outils internes
- WebSocket + sous-agents absorbent les patterns de parallélisation que les utilisateurs Cline et agentic avaient déjà construits à la main
- Les Hooks de Gemini CLI absorbent les patterns de contrôle que Claude Code avait popularisés
Aucune de ces updates n’invente un comportement nouveau. Elles formalisent et intègrent des comportements que les utilisateurs avaient déjà trouvé comment reproduire par eux-mêmes.
C’est une dynamique qu’on voit à chaque cycle d’adoption technologique. La communauté découvre les workarounds. Les outils absorbent les workarounds. La communauté trouve de nouveaux workarounds. Et ainsi de suite.
Le vrai terrain de bataille des outils IA, ce n’est pas le modèle sous-jacent. C’est la vitesse à laquelle l’outil absorbe les workflows que ses utilisateurs ont déjà inventés.
Anthropic, OpenAI et Google ne se battent pas sur les benchmarks cette semaine. Ils se battent pour savoir qui va intégrer le prochain workaround populaire en premier.
Et pour les développeurs qui regardent ça de l’extérieur : vos bidouillages d’aujourd’hui sont probablement les features natives de l’année prochaine. Continuez à bidouiller.
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